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17 décembre 2025
Renforcer la séquestration carbone de son territoire grâce à la contribution carbone
En Gironde, la séquestration carbone représente un enjeu pour compenser les émissions de gaz à effet de serre. Le territoire expérimente des solutions concrètes et adaptées, associant acteurs publics et initiatives locales pour renforcer le rôle des sols et de la biomasse dans la transition écologique.
La séquestration carbone sur le territoire girondin
La séquestration carbone désigne les stocks de carbone présents dans les sols et la biomasse (vivante et morte), ainsi que les flux qui influencent leur évolution. Ceux-ci augmentent lors de processus de renaturation et diminuent lors d’artificialisation des sols.
Pour dresser un panorama précis de la Gironde, l’Alec s’appuie sur différentes sources de données, telles que l’outil ALDO de l’ADEME ou l’observatoire NAFU, afin de produire une cartographie fine et fiable des stocks de carbone selon les typologies d’occupation du sol. Chaque type de sol ou usage du territoire est ainsi associé à un stock de carbone spécifique.
Les flux de carbone, quant à eux, proviennent de multiples sources, qui peuvent séquestrer du carbone (flux négatif) ou en émettre (flux positif) :
Hors année exceptionnelle comme 2022, ces flux permettent de compenser environ 18 % des émissions de gaz à effet de serre du département. À l’horizon 2050, la plupart des territoires visent à maintenir ce niveau, tandis que les zones urbaines, notamment Bordeaux Métropole, cherchent à l’augmenter, en s’appuyant aussi sur des contributions carbones hors de leur territoire.
Vers la neutralité à l’horizon 2025 avec le Label Bas Carbone
Le Label Bas Carbone s’inscrit dans l’objectif national de neutralité carbone à l’horizon 2050. Il vise à compenser les émissions résiduelles de gaz à effet de serre via des actions de séquestration supplémentaires, après avoir mobilisé l’ensemble des leviers de réduction.
Il évalue la séquestration supplémentaire permise par un financement du projet, comparée à un scénario de référence sans financement, selon le principe d’additionnalité du carbone. Seize méthodes existent pour obtenir ce label, couvrant les secteurs forestiers, agricoles, marins et bâtis.
Trois acteurs sont impliqués dans la labellisation :
La Gironde se classe en tête des départements français pour le nombre de projets labellisés. Cette dynamique s’explique en partie par les incendies de 2022 et le plan d’arrachage sanitaire viticole. Le nombre de projets est ainsi passé d’une dizaine en 2022 à plus d’une centaine en 2024.
La Coopérative Carbone de La Rochelle, un outil exemplaire en Nouvelle-Aquitaine pour des projets carbone adaptés aux besoins locaux
Créée il y a cinq ans, la Coopérative Carbone de La Rochelle adapte les projets de contribution carbone aux besoins locaux. Face aux critiques du marché carbone, souvent liées à la qualité des projets, elle garantit la conformité et l’adéquation territoriale des projets. Elle élabore des cahiers des charges pour chaque méthodologie du Label Bas Carbone, intégrant par exemple des pratiques agroécologiques ou la restauration de zones humides.
En France, d’autres structures équivalentes existent et, à terme, la Coopérative Carbone de La Rochelle souhaite créer un réseau ou une fédération pour mutualiser les expériences et bonnes pratiques.
Un territoire qui passe à l’action : le syndicat du Moron en Gironde
Situé dans le Nord Gironde, le syndicat du Moron regroupe quatre communautés de communes et 60 communes, avec un paysage dominé par la viticulture. Le syndicat concentre ses actions sur les trames verte et bleue, en favorisant la gestion de l’eau et la préservation de la biodiversité grâce à une approche par corridors.
Pour développer les corridors écologiques, le syndicat prévoit de planter 30 km de haies et d’arbres hors forêt d’ici 2030. L’inventaire des projets existants, privés ou publics, permet de soutenir les initiatives locales, avec un accompagnement allant de la fourniture de végétaux à un diagnostic technique. Les projets bénéficient de financements de l’Agence de l’eau et de la Région Nouvelle-Aquitaine.
En 2025, une convention avec la Coopérative Carbone de La Rochelle a été signée pour 12 projets : le syndicat assure le suivi technique, tandis que la coopérative mobilise les contributeurs et prépare les dossiers de contribution carbone, permettant ainsi d’obtenir des financements supplémentaires.
Bordeaux Métropole passe à l’expérimentation locale
Depuis 2022, Bordeaux Métropole explore la mise en place d’un opérateur de contribution carbone locale, accompagné par la Coopérative Carbone de La Rochelle. Une expérimentation est lancée en 2025, et se poursuivra jusqu’à la fin d’année 2026.
Des webinaires et visites de sites sont prévus pour faciliter l’appropriation des méthodes par les acteurs locaux. Les entreprises du territoire montrent un intérêt réel, souvent motivées par la valorisation de leur engagement dans le cadre de marchés publics ou d’actions de communication en partenariat avec la Métropole.
Votre contact à l’Alec
Éric BILLAUD, chargé de mission énergie-climat, eric.billaud@alec-mb33.fr
Votre contact au département de la Gironde
Marie DUMOND, chargée de mission transition écologique, m.dumond@gironde.fr



