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22 novembre 2025

Planifier le froid de demain : comprendre les besoins et anticiper la consommation sur Bordeaux Métropole


Le 20 novembre 2025, l’Alec a réuni l’ADEME, l’a’urba et Bordeaux Métropole pour une nouvelle session du groupe de travail autour de la problématique du froid sur le territoire. Cette rencontre a permis de faire un rappel des premiers résultats de ce groupe de travail, avant d’explorer les impacts de la climatisation sur le réseau électrique. Enfin les échanges se sont concentrés autour de la conception d’un cahier de recommandation à destination des élus afin d’accompagner leur passage à l’action pour lutter contre la chaleur.  

 

Comprendre le froid pour mieux l’appréhender du besoin à la consommation 

La gestion de la demande de froid repose sur l’activation de leviers, selon un ordre de priorité visant à maximiser les bénéfices mutualisés (confort hivernal et estival, rafraîchissements collectifs, etc.) tout en minimisant les impacts négatifs, notamment la consommation d’énergie. 

Lorsque l’on évoque la demande en froid, il est essentiel de distinguer ce qui relève du besoin thermique (variable selon les usages, les populations, et pas toujours couvert par une consommation) de ce qui relève de la consommation d’énergie finale, laquelle peut varier en fonction du niveau de besoins ou de l’équipement de refroidissement utilisé. 

Cette consommation énergétique est ainsi conditionnée : 

  • par le choix de l’équipement de refroidissement et son efficacité 
  • par le taux d’équipement des bâtiments en appareils de refroidissement 
  • par le confort thermique atteint, notamment à travers la température de consigne 

Comprendre les paramètres qui influent sur la demande en froid 

On peut modéliser la sensibilité du besoin énergétique de froid à différents paramètres, présentés ici par ordre d’importance de leur impact sur le besoin en froid d’un territoire : 

  • Climat : en suivant le scénario climatique moyen du GIEC, le besoin de froid va doubler (+100%) d’ici 2050 
  • Température de consigne : augmenter la température de 1 °C diminue la consommation de 15 % 
  • Comportement des usagers : la gestion des fenêtres et occultations offrent des gains significatifs, jusqu’à -35% de baisse du besoin de froid 
  • Isolation :  isoler les passoires thermiques permet de réduire leur besoin de froid de –10% 
  • Efficacité des équipements (EER) : Par rapport à une climatisation aérothermique classique, une climatisation géothermique améliore l’EER de 50% en général et jusqu’à 75% lors des vagues de chaleur 

Planifier la consommation de froid de demain 

Dans une étude du CEREMA, le besoin en froid est estimé à l’échelle du bâtiment en fonction de sa surface et de son usage. En sommant le besoin de chaque bâtiment, on obtient une estimation du besoin de froid à l’échelle d’un territoire. En tenant compte de plus du taux de climatisation actuel du territoire de BM, on peut en déduire l’ordre de grandeur de la consommation actuelle de climatisation. » 

  • 80 GWh dans le résidentiel 
  • 220 GWh dans le tertiaire 

Trois scénarios peuvent être envisagés en fonction des trajectoire climatiques et actions mises en œuvre localement pour estimer ce que sera la consommation de froid à horizon 2050 : 

Un croisement cartographique des besoins de froid, des typologies urbaines et de la vulnérabilité à la chaleur montre que sept types de zones concentrent la majorité des besoins, certaines présentant une vulnérabilité élevée (échoppes à l’alignement, grands ensembles). 

Source : © Alec

Consommation électrique et climatisation à Bordeaux Métropole 

Nous avons analysé les appels de puissance électrique de la métropole sur le réseau de transport, à un pas de temps de 15 minutes, afin de caractériser le profil journalier de la consommation de climatisation. Bien que ces données soient influencées par beaucoup de facteurs et donc sont difficiles à interpréter, plusieurs enseignements se dégagent : 

  • La comparaison entre une journée « de référence » sans chauffage ni climatisation et une journée de canicule met en évidence une surconsommation liée à la climatisation. Deux périodes se distinguent : en journée, cette surconsommation est largement compensée par la production photovoltaïque ; en fin de journée, la consommation de climatisation reste élevée tandis que la production photovoltaïque chute 
  • Le profil journalier de la climatisation évolue avec le taux d’équipement du territoire. Une différence marquée est observée entre 2022 et 2023, vraisemblablement liée à l’été exceptionnellement chaud de 2022, qui a pu accélérer l’adoption des climatiseurs 
  • La marge de capacité du réseau de transport peut être estimée à partir de trois repères : un maximum hivernal d’environ 1 250 MW, une puissance estivale de base autour de 500 MW et une pointe liée à la climatisation d’environ 250 MW. Il reste donc une marge confortable de 500 MW. 

Un cahier de recommandation est prévu pour 2026 ! 

Pour répondre à un besoin d’un accompagnement pour mettre en œuvre des solutions de froid vertueuses et adaptées, des supports sont en cours de rédaction, notamment : 

  • Des fiches de recommandation, dont l’objectif est d’identifier les solutions possibles, de partager les informations essentielles et leurs conditions de faisabilité, et de transmettre les ressources utiles pour les mettre en oeuvre 
  • Un tableau de synthèse pour pouvoir comparer qualitativement les solutions et facilement choisir celles les plus pertinentes dans un contexte donné 
  • Un arbre de décision pour orienter la démarche d’un élu qui souhaiterait passer à l’action à travers une série de questions simples dont les réponses renvoient vers les fiches de recommandations adaptées 

Vos contacts à l’Alec 

  • Éric BILLAUD, chargé de mission énergie-climat, eric.billaud@alec-mb33.fr 
  • Baptiste HOUDAYER, chargé de mission énergie-climat, baptiste.houdayer@alec-mb33.fr